Et qu'est-ce que j'en pense ?

LOU! JOURNAL INFIME

Lou ! Journal infime (Julien neel – qui est aussi l’auteur de la BD)

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 (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=223062.html)

Lorsqu’il était sorti, j’avais vraiment voulu aller voir ce film au cinéma, néanmoins, il n’était pas resté longtemps dans les salles de mon petit cineville et j’ai dû attendre de pouvoir le louer par la suite: il ne m’a pas du tout déçu. En fait, j’avais vu quelques critiques auparavant sur ce long métrage, je m’attendais donc à cet univers, mais la surprise n’en était pourtant pas gâchée. J’ai grandi avec la BD dont en est tiré le film, et c’est alors assez naturellement que je suis retournée en enfance, dans les problèmes mineurs qu’elle comportait. Comme beaucoup de petites filles à cet âge, je m’étais vraiment reconnue dans la personnalité de la petite Lou, et ma relation avec le personnage est restée aussi forte avec le film.

Ce n’est pas une histoire très compliquée. En fait, il s’agit d’une petite fille (Lou), qui raconte l’histoire de son enfance, de comment elle grandit, de ses problèmes et de ses questionnements sur l’amour, l’amitié et la famille. Le film est particulièrement axé sur la relation qu’elle a avec sa mère, que je considère comme un personnage tout aussi important que Lou, elle-même. En fait, l’histoire est très fidèle à celle de la BD, mais je ne peux nier la pertinence de son remaniement. La série de BD est assez longue (je ne me souviens plus exactement le nombre de tomes, mais je suppose qu’il y en a une petite dizaine), et ce film se centre sur les premiers, lorsque Lou commence à se confronter à son adolescence. J’ai retrouvé dans ce film des scènes que j’avais particulièrement appréciées et qui m’avaient pour la plupart marquées (comme la « rupture » entre les deux amies, ou l’apparition de la grand-mère de Lou).

Ce moment du film est d’ailleurs celui que je trouve le plus intéressant : c’est celui qui tourne totalement la situation des personnages, qui secoue le scénario qui donne de la puissance aux personnages, qui enfin explosent et montrent tout leur potentiel. Bref, j’ai trouvé que chaque dialogue (dans tout le film, mais plus particulièrement dans cette partie), étaient vraiment parfaits, tout juste calculés et exprimés, je veux dire, l’on aurait pas pu faire passer un sentiment différemment. C’est mon ressenti général sur le film : les répliques ont souvent des dimensions fortes, intelligentes, puissantes et poétiques.

La poésie est d’ailleurs le grand point fort de ce film. C’est un cinéma français qui se réinvente et qui se donne totalement à la créativité. Tout le film est tourné dans des décors irréels, magiques, détaillés… Il y a pleins d’éléments dans chaque lieu que l’on ne voit pas en un premier visionnage : les maquettistes ont vraiment fait un travail minutieux, précis, et j’imagine passionnant. On peut vraiment palper toute leur inventivité à travers ce film. C’est un avis que je partage aussi pour les costumes et l’élaboration des personnages, qui à la fois ressemblent à ceux de la BD et à la fois ont une dimension encore plus créative et plus poétique.

C’est un film qui ne manque pourtant pas d’humour. Certes, c’est parfois un humour un peu potache qui se calque sur des caricatures (comme le personnage de Marie-Emilie, qui représente une adolescente qui se révolte contre un peu tout et n’importe quoi), mais il est inclus dans un univers tellement merveilleux qu’il y entre vraiment bien. Alors, ces stéréotypes deviennent simplement des éléments humoristiques du rêve et ne donnent aucun sentiment de lourdeur.

 Il y a également un univers graphique très intéressant et diversifié. Il y a à la fois des images numériques, d’autres tournées à la VHS (les films des deux amies), des photos (durant le générique), de l’animation à la sauce japonaise (pour illustrer le roman de la mère de Lou), des dessins plus traditionnels, des scènes au décor et à l’ambiance absolument improbables (comme celle du laser gamme, avec un décor minimaliste réalisé de formes géants ), et d’autres beaucoup plus « normales » (comme celle où Lou se promène dans la nature, au cours des dernières scènes).

En bref, c’est un film pour enfant qui n’est pas inintéressant pour les adultes.  Je ne pense pas qu’il puisse vraiment mener à une grande réflexion philosophique, ni une histoire au scénario complexe et mystérieux, mais elle a un réel intérêt créatif. Le rêve est omniprésent, et au final, tout le monde se retrouve et s’identifie aux personnages de Lou! Journal infime, qui sont à la fois très simples et uniques.

LE PETIT PLUS : J’ai vraiment adoré le générique de fin, qui se caractérise de plusieurs scènes qui se passeraient après le film, et qui nous montre comment les personnages grandissent. En effet, la bande dessinée montre l’évolution de Lou jusqu’à la toute fin de son adolescence et le film ne se passe que dans une durée de moins d’un an (enfin, j’imagine). De ce fait, ce générique apporte un véritable plus à l’amateur de la BD originelle.

LE PETIT MOINS : Même si j’ai apprécié globalement les personnages, j’ai trouvé que certains n’étaient pas vraiment utiles à l’histoire, notamment les deux skateurs amis de Tristan (le garçon dont Lou est folle amoureuse), et que faire l’impasse sur eux n’auraient pas été négatif.

22 mars, 2015 à 17 h 41 min


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